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L’économie collaborative est-elle en voie de “desubérisation” ?

L’économie collaborative est-elle en voie de “desubérisation” ?

La cour de justice de l’Union Européenne, vient de rendre son verdict : Uber, un des acteurs phares de l’économie collaborative, est bien une société de transport et non pas un simple service d’intermédiation. Par conséquent, l’entreprise peut être soumise aux mêmes règles que les sociétés classiques de taxi. Cette décision de justice illustre les challenges auxquels font face aujourd’hui les géants du collaboratif et soulève de nombreuses questions : peut-on encore parler d’économie collaborative dans le cas de Uber ou Airbnb ? Jusqu’où les pouvoirs publics sont-ils censés intervenir ? Quel est l’avenir de cette économie ?

 

 

C’est le sujet de l’émission Du grain à moudre diffusée ce 3 janvier sur France Culture. Pour en débattre, Hervé Gardette invite Valentina carbone, professeure de management à l’ESCP Europe, Arthur Millerand, avocat au barreau de Paris et co-fondateur du blog Droit au partage, Isabelle Attard, ancienne députée ecologiste et Arthur de Grave, cofondateur du collectif Ouishare.  

Le constat initial qui fait l’unanimité est que l’économie collaborative est devenue un ensemble très hétérogène d’acteurs, d’initiatives, de structures mais aussi d’idéologies. On y trouve “un peu tout et n’importe quoi” : du géant californien qui fait trembler les gouvernements du vieux continent aux épiceries collectives en milieu rural en passant par les plateformes web de partage de biens et de services.

 

 

Il est donc pertinent de définir des nomenclatures afin de classer les acteurs de cette économie dans des sous-catégories. En particulier, les régimes de responsabilité et donc les obligations de ces acteurs sont très différents : plateforme capitalistique qui doit rendre compte à des actionnaires versus plateforme associative avec une gouvernance participative. Le niveau d’intervention de ces plateformes est également révélateur des différences fondamentales qui existent entre elles : où s’arrête la mise en relation et ou commence la prestation de service ?

Outre les divergences de finalité de ces entreprises, les conséquences de l’intervention des pouvoirs publics et donc de la régulation du marché vont affecter plus ou moins lourdement ces acteurs. Le risque majeur est pour les plus petites structures. En effet, il est plus facile pour un Uber ou un Airbnb de réagir et de s’adapter à une nouvelle régulation que pour une petite start up émergente. Cela dit, il est important que les pouvoirs publics interviennent pour politiser et ainsi réguler ce marché qui joue un rôle économique mais aussi social de plus en plus important.

 

 

Finalement, malgré les controverses et la gravité des enjeux, l’émergence de ces grands champions n’était-elle pas inéluctable ? On constate en tout cas que leur réussite donne envie à beaucoup de gens de se lancer et d’entreprendre. Ils jouent des rôles d’avant-gardistes qui testent les limites, pour voir jusqu’où on peut fracturer un modèle social.

 

Pour écouter l’émission complète, rdv sur le site de France Culture.  

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